Stomp Stomp, le cœur qui danse

Pour ce dernier concert de Jazzitudes 26, le swing est venu à Lisieux, et a donné toute sa dimension festive à la commémoration de la Libération organisée par la Municipalité. Le swing est un genre musical né du jazz « noir » américain des années 1920, adopté par les orchestres « blancs » dans les années 30. Ce style particulièrement dansant et impétueux renforce le rythme de la musique, et accentue les pulsations qui l’habitent. Un des effets culturels les plus marquants du débarquement américain aura  certainement été la propagation et la large influence du swing en Europe et dans le reste du monde.

Mais ça veut dire quoi, « Stomp Stomp » ? C’est, comme on le devine, une onomatopée, c’est-à-dire un mot qui imite le son qu’il désigne ; en l’occurrence, le pied qui marche, le pied qui tape, le pied qui marque le rythme, avec son gros soulier sur le parquet de bois du pub, du saloon ou de la piste de danse…

Avrit, Croguennoc, Vincendeau, Lestra, Mauduit et Beele semblent être d’autres onomatopées renvoyant à des sons chatoyants et facétieux issus du jazz effervescent de Roy Eldridge ou Fats Waller… Mais non ! Ce sont les noms des talentueux musiciens du groupe Stomp Stomp qui a réjoui les oreilles et les jambes de tous en cet après-midi ensoleillé. Le charme « vintage » était au rendez-vous, l’énergie également, et le parquet de danse n’attendit pas longtemps la gambille. La musique endiablée des swingueurs sonnait magnifiquement sous les grands arbres du jardin public, exprimant élan, ferveur, et bonne humeur populaire. De morceau en morceau, le batteur chanteur (ce qui est une sorte de performance), le sax, la contrebasse, le piano, le trombone, la trompette font revivre les grandes figures de ce jazz exaltant, de Lester Young à Joe Liggins, de Nat King Cole à Art Blakey…, et l’on se souvient alors avec un brin de mélancolie de Boris Vian, Maxime Saury, Sydney Bechet, Claude Nougaro et Maurice Vander…

Merci aux brillants Stomp Stomp qui ont fait danser Lisieux, et nous ont si bellement rappelé que le swing est dans l’âme du jazz, pour toujours.

Dominique Chastres